Découvrez comment la musique en supermarché influence vos achats

Que vous fassiez vos courses un lundi matin ou un samedi après-midi, l’ambiance sonore dans les supermarchés semble souvent identique. Vous entendez généralement les mêmes types de musiques, à un volume similaire, créant une ambiance de fond « neutre » qui accompagne votre parcours dans le magasin. Pourtant, cette atmosphère n’est pas laissée au hasard.

En réalité, la musique diffusée en supermarché répond à une stratégie précise, fondée sur la psychologie environnementale. Le tempo, le volume et même les horaires de diffusion sont soigneusement réglés pour influencer votre comportement. L’objectif : moduler votre vitesse de marche, le temps passé dans chaque rayon, et finalement, augmenter le montant de vos achats. La véritable surprise concerne surtout les heures où l’on pense être le plus tranquille.

Une mécanique bien orchestrée

La sélection musicale n’est pas décidée au hasard par un employé. Les responsables marketing collaborent avec des prestataires spécialisés dans la diffusion sonore. Ces derniers doivent respecter les règles de la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM). Leur mission : créer une ambiance sonore qui correspond à l’image de l’enseigne tout en soutenant ses objectifs commerciaux.

Les réglages sont précis. En heures creuses, la musique est généralement lente, avec un rythme compris entre 60 et 73 battements par minute (BPM). Pendant les heures d’affluence, le tempo monte entre 90 et 110 BPM pour accélérer le flux des clients. Le volume, lui, reste souvent autour de 60 décibels, une intensité suffisante pour agir sur le cerveau tout en restant discrète, sous le seuil de la conscience.

Le rythme influence la durée du passage en rayon

Le corps humain possède une tendance naturelle à synchroniser ses mouvements avec le rythme musical, un phénomène appelé entraînement rythmique. Sans s’en rendre compte, beaucoup de personnes ajustent leur pas ou leur respiration à la musique diffusée. Lorsque le tempo est inférieur à 73 BPM, plus lent que le rythme cardiaque au repos, la vitesse de marche ralentit. Conséquence : les clients restent plus longtemps dans les rayons, observant davantage les produits.

Une étude clé mentionnée par des professionnels indique que ce ralentissement augmente le temps passé en rayon et peut faire grimper les ventes de 38 %. Une autre recherche menée dans plusieurs supermarchés a montré qu’une musique diffusée en semaine pouvait entraîner environ 10 % de dépenses supplémentaires chez les consommateurs.

Des heures creuses et silencieuses pour certains

De nombreux seniors choisissent les heures creuses, souvent entre 14 h 00 et 16 h 00, en pensant gagner du temps. Pourtant, c’est précisément à ces moments que les magasins diffusent souvent des musiques plus lentes, autour de 60 BPM. Ces tempos plus faibles encouragent le flânage et les achats d’impulsion, même lorsque la fatigue commence à se faire sentir.

Pour répondre aux besoins des personnes autistes ou hypersensibles, plusieurs enseignes ont instauré des « heures silencieuses » : absence de musique et d’annonces micro, lumière tamisée, ambiance apaisante. Une proposition de loi soutenue par la députée Nadia Essayan souhaite rendre obligatoire au moins une heure de silence par semaine dans les grandes surfaces de plus de 1 000 m², avec des créneaux souvent situés vers 10 h 00-11 h 00 ou 14 h 00-15 h 00, selon les magasins.

Pour éviter d’être influencé par ces stratégies sonores, il existe quelques gestes simples :

  • porter des écouteurs avec sa propre musique ou utiliser des bouchons d’oreilles pour neutraliser la bande sonore imposée ;
  • programmer une alarme à 45 minutes pour limiter le temps passé en magasin ;
  • identifier les heures silencieuses de votre supermarché et planifier vos courses durant ces créneaux plus calmes.

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