Chariots de supermarché : 72 % contaminés par des bactéries

Des bactéries fécales sur 70 % des chariots de supermarché : quels risques vraiment ?

Une étude menée par l’Université d’Arizona révèle que 72 % des chariots de supermarché testés présentent des traces de bactéries d’origine fécale. Sur un groupe précis de 35 chariots analysés, la moitié contenait la bactérie Escherichia coli (E. coli).

Cette bactérie vit naturellement dans l’intestin humain et animal. Sa présence sur la poignée d’un chariot indique une contamination fécale, même si toutes les souches ne sont pas nécessairement dangereuses. La concentration relevée sur certaines poignées était jusqu’à 361 fois plus élevée que sur des poignées de toilettes publiques.

Les chercheurs expliquent que cette situation s’explique par le mode d’utilisation des chariots : ils passent de main en main tout au long de la journée, sans être nettoyés entre chaque client. Contrairement aux toilettes publiques, qui sont régulièrement désinfectées, les chariots ne bénéficient pas toujours d’un entretien fréquent. Pendant la crise du Covid-19, des protocoles renforcés avaient été mis en place, mais selon des témoignages relayés dans les médias, ces mesures sont aujourd’hui moins systématiques.

Les bactéries déposées sur ces surfaces peuvent survivre plusieurs heures, voire plus selon les conditions. Plus un chariot est manipulé, plus les bactéries s’y accumulent et peuvent se transmettre d’un client à l’autre. Cependant, la présence de la bactérie E. coli ne signifie pas forcément un danger immédiat. Le principal risque concerne l’appareil digestif : diarrhées, crampes abdominales ou nausées. Chez une personne en bonne santé, ces troubles sont souvent bénins. En revanche, les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées peuvent être plus vulnérables.

Toucher une poignée contaminée ne suffit pas à provoquer une infection. Il faut généralement que les bactéries soient portées à la bouche, par exemple en se touchant le visage ou en manipulant des aliments sans s’être lavé les mains. Il est donc conseillé d’éviter ces gestes autant que possible lors de ses courses.

Les chariots ne sont pas les seules surfaces concernées dans les supermarchés. Les écrans tactiles, balances ou poignées de réfrigérateurs sont également très manipulés. Comme dans les transports ou dans d’autres lieux publics, les mains restent l’un des principaux vecteurs de transmission des infections digestives.

Ces données ne doivent pas susciter une inquiétude excessive. Les bactéries font partie intégrante de notre environnement quotidien. Cependant, les auteurs de l’étude recommandent d’améliorer le nettoyage des chariots pour limiter la transmission entre clients. Cela est valable aussi bien aux États-Unis qu’en France, où les chariots sont aussi manipulés par de nombreuses mains.

Pour se protéger, quelques gestes simples peuvent réduire le risque de contamination : utiliser du gel hydroalcoolique en entrant dans le magasin, éviter de porter les mains au visage pendant les courses, et se laver soigneusement les mains en rentrant chez soi. Des réflexes faciles à adopter, mais efficaces, pour limiter les risques sanitaires liés à la manipulation des surfaces en supermarché.

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