La fin du règne du porc la nouvelle tendance qui bouleverse la viande mondiale
En quelques années, nos habitudes alimentaires ont changé face à plusieurs facteurs : inflation, crises sanitaires et préoccupations climatiques. Ces enjeux ont influencé la consommation de viande, aussi bien en France qu’à l’échelle mondiale. Pendant longtemps, le porc occupait la première place dans le classement des viandes les plus consommées. Cependant, de nouvelles données internationales montrent que cette hiérarchie est en train de se modifier.
Malgré ces évolutions, la viande reste un aliment essentiel dans de nombreux pays, fournissant la majorité des protéines animales consommées quotidiennement. Selon les analyses de l’OCDE et de la FAO, certaines filières deviennent plus coûteuses ou risquées, tandis que d’autres profitent d’une production plus flexible et moins freinée par des considérations culturelles. Résultat : la viande de porc, autrefois en tête, recule doucement, laissant place à une nouvelle star.
La viande la plus consommée dans le monde : le poulet
Pendant des décennies, la viande porcine dominait les statistiques mondiales. Elle reste très présente, notamment en Asie, où la Chine concentre environ la moitié de la consommation mondiale de porc. Selon les données OCDE-FAO, cette filière représente encore environ 123 millions de tonnes par an, ce qui reste considérable. Cependant, une autre catégorie de viande a récemment dépassé le porc.
Il s’agit des volailles, en particulier du poulet. La consommation mondiale de poulet est estimée à 139 millions de tonnes, dépassant ainsi celle du porc et représentant près de 40 % de la viande consommée dans le monde. La tendance s’est récemment inversée, et le poulet devient la viande la plus consommée à l’échelle mondiale.
Les raisons de cette popularité croissante
Le succès du poulet repose principalement sur des raisons économiques. La production de poulets coûte moins cher car elle nécessite moins d’aliments et a des cycles de croissance plus courts, d’environ quarante jours. Il faut environ 2,5 kg de céréales pour produire 1 kg de poulet. Cette efficacité permet de proposer des morceaux à des prix abordables, même lorsque le pouvoir d’achat baisse ou que le coût de l’énergie augmente pour d’autres viandes.
Autre avantage : la neutralité culturelle du poulet. Contrairement à la viande de porc, qui peut être interdite dans certaines religions, le poulet est accepté presque partout, notamment en Inde, en Afrique ou en Amérique latine. En plus, il est perçu comme une viande blanche, plus maigre, facile à intégrer dans un régime équilibré. Sa polyvalence plaît dans de nombreux plats quotidiens ou de street food, comme les nuggets, les brochettes ou les bowls protéinés.
Une tendance qui impacte la France
En France, cette évolution est aussi visible dans les habitudes d’achat. La volaille est désormais la viande la plus achetée, dépassant le porc et le bœuf. Le poulet représente la majorité des volailles de chair consommées dans le pays. La restauration collective et la restauration rapide ont favorisé cette tendance, avec des menus centrés sur le blanc de poulet ou les filets marinés.
Cependant, cette augmentation de la consommation soulève aussi des questions. La croissance des élevages intensifs suscite des préoccupations concernant le bien-être animal. Sur le plan environnemental, si le poulet a une empreinte carbone inférieure à celle du bœuf, sa production intensive nécessite aussi beaucoup de céréales, d’eau et de terres agricoles. Face à ces enjeux, certains consommateurs deviennent plus attentifs aux étiquettes et ajustent leur consommation plutôt que de l’abandonner totalement.



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