Commerce en ligne : 75 % des produits non conformes et dangereux en 2025

Les plateformes de commerce en ligne restent largement en défaut en matière de conformité des produits vendus. Selon la DGCCRF, la direction générale de la répression des fraudes, trois quarts des produits contrôlés en 2025 ne respectaient pas les normes européennes, et la moitié d’entre eux étaient même considérés comme dangereux.

Les résultats alarmants des contrôles

Après une année de contrôles renforcés, plus de 600 produits issus de sept plateformes étrangères ont été analysés en laboratoire. Ces analyses révèlent que 46 % de ces produits présentent un danger pour les consommateurs. La DGCCRF précise cependant que ces chiffres ne concernent que quatre catégories de produits, ce qui limite leur portée globale.

Des produits variés et souvent dangereux

Les contrôles ont notamment ciblé des jouets, des sèche-cheveux, des bijoux, et des vêtements. La situation est particulièrement préoccupante pour certains types de produits :

  • Les jouets pour enfants : 78 % non conformes, dont 42 % considérés comme dangereux, notamment par des risques d’étouffement.
  • Les bijoux : un tiers des produits contrôlés présentent des risques, notamment liés à des contaminants chimiques.
  • Les appareils électroniques comme les sèche-cheveux : 100 % des produits contrôlés ne respectent pas les normes européennes, avec un risque d’incendie ou de choc électrique.
  • Les vêtements : seulement 7 % non conformes, mais 6 % dangereux, souvent à cause de substances chimiques comme le cadmium.

Les plateformes telles que Shein, Temu et AliExpress représentent à elles seules 19 % des achats de vêtements en ligne en volume.

Retrait du marché et mesures réglementaires

Les produits jugés dangereux doivent être retirés de la vente, et les plateformes doivent informer leurs clients ayant acheté ces articles dans les six mois précédents. En 2025, cette réglementation a conduit au retrait de 100 000 produits du marché. La DGCCRF souligne que c’est la première fois que des acteurs du commerce jouent si ouvertement avec les règles, ce qui oblige à s’adapter.

Pour renforcer cette lutte, le ministère de l’Économie a créé une cellule appelée Vigicommerce, rassemblant plusieurs administrations, dont la DGCCRF et même la Direction générale de l’aviation civile, pour surveiller notamment la vente de drones sur ces plateformes.

Perspectives d’interdiction des plateformes ?

Malgré ces contrôles renforcés, la DGCCRF et le ministère restent prudents quant à une interdiction totale des plateformes ayant des taux de non-conformité aussi élevés. La menace d’amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial constitue une dissuasion considérable, mais ne remet pas en cause le modèle économique de ces sites.

Les contrôles, bien qu’intensifiés, restent une mesure de précaution. Tant que leurs modèles économiques continueront à privilégier la promesse de « bonnes affaires » au détriment du respect des normes, ces mesures ne seront qu’un garde-fou, et non une véritable solution pour protéger les consommateurs.

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