Exclusif : Un ancien salarié dénonce les coulisses choquantes de Grand Frais

Un ancien employé dénonce le fonctionnement de l’enseigne Grand Frais

À 21 ans, Zakaria Yamani Najam, étudiant en droit à l’Université Lyon 3-Jean-Moulin, raconte avoir découvert les coulisses d’une enseigne très appréciée des Français. Après un an et demi passé au rayon fruits et légumes du magasin Grand Frais de Viriat, près de Bourg-en-Bresse, il a décidé de porter plainte contre ce qu’il appelle le « système Grand Frais ». Selon lui, ce modèle dépasse largement le seul magasin et doit faire l’objet d’une action en justice.

Un job étudiant qui tourne à la confrontation

En février 2023, Zakaria a été embauché à 18 ans pour un contrat étudiant de 10 heures par semaine, principalement le samedi. Il travaillait au rayon fruits et légumes, en mettant en place les étals et en réassortant. Officiellement, son contrat n’était pas directement signé avec Grand Frais, mais avec une petite société locale, « Les Jardins de Viriat », filiale de la holding Prosol, qui gère les fruits et légumes dans plusieurs magasins de l’enseigne. Pour les clients, il représentait l’image de Grand Frais, mais juridiquement, il dépendait d’une entité distincte composée de quelques salariés.

Selon lui, cette organisation crée un décalage qui contribue à un climat toxique au sein de l’entreprise. Il a porté plainte devant le Conseil de prud’hommes de Bourg-en-Bresse pour harcèlement moral. Il évoque un « harcèlement banalisé » et des propos inappropriés de la part de certains supérieurs sur un groupe WhatsApp, ainsi qu’une procédure disciplinaire qu’il conteste. La décision de justice est attendue pour le 11 septembre 2026.

Ce qu’il dénonce : le « système Grand Frais »

Pour Zakaria, ce mode de fonctionnement constitue le cœur du « système Grand Frais ». Les rayons sont gérés par plusieurs sociétés différentes, chacune comptant moins de onze salariés. Cela évite la mise en place d’un comité social et économique, et donc la représentation du personnel. Selon l’union syndicale SUD-Solidaires, ce modèle est répété dans près de 300 magasins appartenant à Prosol, un groupe dont le chiffre d’affaires atteint environ 2,5 milliards d’euros pour environ 2 000 salariés.

Le 9 janvier 2023, le tribunal judiciaire de Lyon a reconnu l’unité économique et sociale regroupant plusieurs sociétés. Cela doit permettre l’organisation d’élections de représentants du personnel. Zakaria estime que cette organisation « ouvre la porte à tous les excès en termes de management toxique » et pense que l’absence de contre-pouvoir fragilise les salariés face à leur hiérarchie.

Une affaire qui concerne toute l’enseigne

Sur le plan individuel, Zakaria demande une indemnisation de 600 euros devant les prud’hommes. Il précise : « Je ne fais pas ça pour l’argent, j’entends seulement dénoncer cette organisation et ces pratiques qui laissent les salariés livrés à eux-mêmes et sans défense face à leur hiérarchie. » Sa démarche s’appuie à la fois sur son expérience personnelle et sur ses connaissances en droit.

Au-delà de son cas, cette plainte s’inscrit dans une contestation plus large menée par SUD-Solidaires, qui a attaqué ce modèle en justice. L’enseigne et Prosol n’ont pas encore livré de réponse détaillée aux accusations. Le jugement, prévu pour le 11 septembre 2026, sera très suivi par les salariés de Viriat et par ceux d’autres magasins où ce même mode d’organisation est en place.

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