Ce que révèlent vraiment les trois premiers chiffres du code-barres

Les trois premiers chiffres du code-barres : une indication à manipuler avec précaution

Aujourd’hui, les consommateurs examinent attentivement les étiquettes en rayon. Selon une enquête OpinionWay réalisée en 2023 pour le réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), une majorité de Français souhaite privilégier les produits réellement fabriqués en France. Entre logos tricolores, mentions flatteuses et peur du « French washing », le doute peut rapidement s’installer. Une astuce courante consiste à regarder les trois premiers chiffres du code-barres pour tenter d’identifier un produit français.

On recommande souvent de vérifier si ces trois chiffres se situent entre 300 et 379. Selon certains sites, comme Marmiton, cela indiquerait que le produit est « Made in France ». Cependant, cette méthode est trompeuse. En réalité, ces chiffres représentent simplement le préfixe attribué par l’organisme GS1 France à l’entreprise qui a enregistré le code, et ne garantissent pas l’origine réelle du produit.

Ce que révèlent réellement les trois premiers chiffres du code-barres

Un code EAN-13, que l’on scanne en caisse, débute toujours par trois chiffres appelés préfixe. La plage 300 à 379 est réservée à GS1 France, qui gère les codes des sociétés basées en France. Après ce préfixe, viennent des chiffres identifiant l’entreprise, puis le produit, et enfin un chiffre de contrôle.

Selon GS1, ce préfixe ne fournit pas d’informations fiables sur le lieu de fabrication. Une marque française enregistrée en France peut faire fabriquer ses produits en Asie tout en conservant un code débutant par 300. À l’inverse, une marque étrangère peut produire en France avec un autre préfixe. Le code-barres reste donc un indice, mais pas une preuve définitive.

Les limites du « Made in France » et les labels fiables

De nombreux sondages OpinionWay montrent qu’un Français sur deux considère le « Made in France » comme un critère essentiel d’achat, notamment pour la qualité et le soutien à l’économie locale. Cette demande a conduit à des pratiques de « French washing », où des marques affichent des drapeaux, le coq ou des mentions comme « Préparé en France » ou « Transformé en France », alors que la matière première provient d’ailleurs.

La loi autorise déjà l’utilisation des expressions « Fabriqué en France » ou « Made in France » lorsque la dernière transformation substantielle a lieu en France. La DGCCRF contrôle ces mentions. Pour une garantie plus stricte, le label Origine France Garantie impose que le produit acquière ses caractéristiques essentielles en France et qu’au moins 50 % du prix de revient unitaire soit d’origine française. D’autres labels, comme Entreprise du Patrimoine Vivant, apportent également des garanties.

Comment mieux repérer un produit français en magasin

Pour faire le bon choix en rayon, il est conseillé d’adopter une routine simple. D’abord, rechercher une mention claire d’origine et vérifier la présence d’un label sérieux comme Origine France Garantie ou Appellation d’Origine Protégée (AOP). Ensuite, examiner les trois premiers chiffres du code-barres : s’ils se situent entre 300 et 379, et si un label est présent, cela augmente la probabilité que le produit soit réellement fabriqué en France.

En cas de doute, un code-barres français sans label doit être considéré comme un indice seulement. Il est utile de vérifier la liste des ingrédients, l’adresse de l’entreprise, ou d’utiliser des applications comme Yuka ou Open Food Facts pour mieux cibler l’origine réelle du produit et rapprocher ses achats de l’idéal du Made in France.

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